marqueur eStat'Perso le taureau au campo

Titre: au campo

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dommage !

 

L’élevage de taureaux de corrida est certainement un des derniers type d’élevage extensif entièrement traditionnel et écologique, ce que devraient savoir et apprécier divers détracteurs.

 

Sur de grandes propriétés souvent uniquement consacrées à lui et à sa nourriture, perdure tout un écosystème et un environnement bien particulier, presque à l’état naturel. Celui-ci ne tarderait pas à disparaître avec d’autres types d'élevages ou de cultures intensives et ouvrirais tout grand la porte à l'érosion et à la désertification de certaines provinces ibériques.
En quinze ans deux milles Km² de terres ont sacrifiés sur l'autel du profit.

Les terres originelles, trés fertiles, des vallées fluviales ayant été peu à peu conquises par l'agriculture, le type classique actuel de la "terre à taureau" est la dehesa. C'est un terrain de pâture vallonné ou semi-montagneux sur lequel poussent, épars, des chênes vert ou des chênes lièges.

L'élevage de taureaux braves occupe en Espagne quatre cents mille hectares de terre pour plus de mille ganaderías toutes association confondues.
Suivant les régions, la géographie des lieux et la richesse des pâturages, le taureau ne l'oublions pas est un ruminant, a besoin pour pâturer de un à dix hectares de terre, nous sommes donc loin des usines à bétail.

En ces temps de vache folle, on n’a jusqu'à ce jour, dénombré aucun cas d’encéphalopathie spongiforme bovine parmi le bétail brave et ceci dans quelque pays que ce soit.
Peut être est ce du à ce type ancestral d’élevage ?

Le taureaux de combat demande donc beaucoup d'espace, de prairies et de l'eau, un animal en consomme entre trente et cinquantes litres par jour.
Les fincas, ces immenses propriétés foncières, où est élevé le bétail brave, sont séparées en divers enclos par des murets de pierres, des barrières de bois ou de figuiers de Barbarie, les cercados, y vivent en semi-liberté:

 

repos

 

  Les sementales, les taureaux reproducteurs et 
............... las vacas de vientre, les mères reproductrices regroupées en plusieurs lots .
  les veaux, dont le nom générique est becerros.
  ...........Leur dénomination selon l'âge est: 
................... chotos pour les moins de un an. 
................... añojos pour ceux d'un an. 
................... erales, les animaux de deux ans. 
................... utreros, à trois ans, ils ne seront appelés novillos qu'en corrida
  Les toros de quatre ans, les cuatreños, prêts à combattre et éventuellement les cinqueños d'un an de plus.
  Les cabestros, taureaux à qui la castration a fait perdre la bravoure. Ces boeufs dressés aident les vaqueros dans les différents travaux de transfert de bétail et signalent leur présence par le tintement des cencerros, les cloches suspendues à leur cou.

 

Il faudra ainsi au ganadero, pour pouvoir présenter six ou sept courses, entretenir plus de cinq cents têtes de bétail.
Environ 15% des taureaux seront impropres à la lidia, beaucoup plus, jusqu'à la moitié, parmi les encastes "nerveux", par maladie, blessures, cornes cassées, morts violentes lors de bagarres entre animaux.

La nature querelleuse de ce type de bovidé fait que ces animaux se chamaillent souvent , ce qui accroît leur sens du combat, dans de fréquentes peleas ou il est impossible à l'homme d'intervenir pour les séparer.
Ces luttes parfois mortelles ont souvent pour cause la prédominance du troupeau, elles sont sans fin car il y en aura toujours un animal pour vouloir être le calife à la place du calife (surtout du côté de Cordoue)...
Ce qui n'est pas sans poser des problèmes de rentabilité mais est dans la nature même du taureau brave et ne peut que develloper son instinct combatif.
 
 

L'élevage de bétail brave n'est pas pour l'immense majorité des éleveurs une activité rentable. Elle est surtout et avant tout une passion et un luxe dispendieux qui confère au ganadero une originalité et une renommée sans égards, ou quelquefois une honte indicible.
Car même si un ganadero a élevé un bicho de rêve, à la caste et à la bravoure certaine, s'il ne termine pas, quelle qu'en en soit la raison, sa vie dans un coso, ces magnifiques animaux aurons toutes les "chances" d'aboutir en steack haché dans votre assiette.

 

 

Dans bien des cas l'élevage est géré par le mayoral, le conocedor en Andalousie, chef des "bouviers", qui a toute la confiance du propriétaire et qui peut aussi jouer le rôle de régisseur de la propriété.

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La naissance.

Après une gestation moyenne de neuf mois, en fin d'hiver début de printemps, entre février et avril, la vache brave mettra bas son petit, d'un poids de quinze à trente kilos, dans un endroit isolé du cercado où elle vit avec ses soeurs demi-soeurs et cousines.
D'ordinaire, pour ce faire, la vache se couche, mais si elle sent autour d'elle une présence inopportune elle pourra donner naissance debout.
Elle le fera loin du regard des hommes, pour ne pas laisser de traces et pour éviter les prédateurs elle consommera son placenta.
Malgré toutes ces ruses après la parturition le mayoral aura tôt fait de repérer la nouvelle naissance et s'empressera de vérifier si le nouveau venu est un macho ou une femelle.

La vache brave a un instinct maternel supérieurement développé et défendra bec et ongle son rejeton qui fera avec elle son apprentissage de la vie.
Aussitôt né le jeune veau tente de se lever pour aller téter sa mère puis sombrera ensuite dans le sommeil colostral.
Un mois après nous le retrouverons  en train de jouer avec ses compagnons et il chargera déjà tout ce qui l'importune.

 

Comparativement aux autres bovidés la vache brave produit peu de lait, trois à quatre kilos, et l'alimentation des petits dépendra, pendant les premières semaines, uniquement de la mère, ce qui dans certains cas de malnutrition peut être préjudiciable au développement futur du nouveau né.
Vers un mois et demi, l'appareil digestif du jeune veau s'étant suffisamment développé, il commencera peu à peu à brouter et à boire de l'eau, au fur et à mesure de sa demande nutritionnelle et à la moindre quantité de lait produit par la mère.

La monte commence en début de printemps vers le début avril. Les vaches ont des chaleurs qui durent quarante huit heures et réaparaissent toutes les trois semaines, elles sont couvertes dès trois ans et ceci jusqu'à environ l'age de quinze ans.

Une vache mettra bas dans toute sa vie une douzaine de petits, ce qui compte tenu de la prépondérance naturelle des femelles donnera environ cinq veaux mâles. Avec tous les aléas inhérents à ce type de bétail semi-sauvage, le taux de fécondation varie de soixante à quatre vingt cinq pour cent, mais un taux élevé d'avortement peut atteindre trente pour cent.
Le résultat se soldera par environ trois ou quatre machos susceptibles d’être vendus.

Après un velage les chaleurs reprendrons deux à tois mois après.

L'insémination artificielle à laquelle ont recours depuis des générations les éleveurs de bovins laitiers ou à viande est peu pratiquée et semble donner des résultats médiocres, moins de quarante pour cent de fécondations.
Si l'on peut assez facilement recueillir la semence des reproducteurs par éléctro-éjaculation, l'insémination des vaches pose beaucoup plus de problèmes, et l'état de stress auquel elles sont soumises lors de cette opération aboutit peu souvent à la fécondation de l'ovule.
Des traitements hormonaux ont été mis en place pour tenter de contrecarrer cet état de fait.

 

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Le sevrage et l'ahijado.

Vers huit ou neuf mois l'animal sera sevré, c'est à dire séparé de sa mère, c'est le destete, puis viendra l'épreuve très traumatisante du  marquage, le herradero, ces deux opérations selon les élevages, pouvant avoir lieu simultanément.

Le sevrage se fait quand la lactation est terminée mais en tout cas avant que les petits, dont le poids est compris entre cent et cent cinquante kilos, n'épuisent leurs mères et qu'ils ne soient trop forts au risque de blesser le personnel lors de ces manoeuvres.
Après le sevrage la prairie résonnera des beuglements des mères séparées de leurs petits et ceci jusqu'à que cessent les douleurs de leurs glandes mammaires.

Lors de ce premier vrai contact avec l'homme, veaux et génisses seront vaccinés, puis on leur ôtera lors de l'ahijado ou du herradero l'étiquette d'identification qui aura été agrafée à l'oreille dans les dix jours qui ont suivi la naissance.

L'ahijado consiste à séparer brièvement de la mère le jeune veau qui ensuite s'élancera vers elle et prouvera ainsi sa filiation ce qui sera soigneusement noté si doute il y avait.

Ces oreilles seront marquées par une découpe particulière à l'éleveur, le señal, l'opération s'appelle fañar.
La pratique du marquage aux oreilles est actuellement résevée au seuls mâles, les femelles, selon une directive européenne devant conserver ces inésthétiques papillons jaunes.
Ces marques sont nombreuses et permettent de par leur combinaison une infinité de possibilités.
Certaines découpes identiques portent des noms différents, par exemple:
zarcillo est la même que arrancada; tronza que media oreja; rajada que hendida...

Voir le señal

L'habitude, ou l'obligation, de marquer les animaux est très ancienne.
En 1273 Alfonso X, el Sabio, souverain du royaume d'Aragon institue une des premières organisation d'éleveurs de bétail. Cette mesta disposait d'archives, d'une administration de justice propre, elle différenciait avec un système de marquage perfectionné, les animaux par des marques au feu sur les flancs et une découpe particulière des pavillons.

 

Le herradero.

hierro de la casa Le herradero consiste à marquer au fer, chaud mais jamais rouge, sur un flanc de l'animal, généralement le droit, les différents marquages qui lui seront propres. Quelques éleveurs marquent les mâles a gauche et les femelles à droite ou inversement, d'autres alternent une année d'un côté l'année suivante de l'autre.

Certains ganaderos moins traditionalistes utilisent aujourd'hui de l'azote liquide. Le froid intense produit par l'azote liquide détruit la mélanine qui est le pigment qui colore le poil, le pelage ou la peau ne sont donc pas brûlés, mais bien évidemment ce procédé ne peut s'appliquer qu'aux animaux à la peau foncée.

Cette opération peut se faire classiquement par renversement et maintient au sol du veau dans un enclos de la propriété ou bien par son immobilisation dans un cajón, sorte de caisse de contention qui empêche les animaux de bouger, et de se blesser.

Sur les côtes ont appliquera son numéro d'identification
sur la cuisse le dernier chiffre de son année de naissance, le guarismo,
ensuite sur la hanche le fer de la ganadería
et enfin la marque de l'association à laquelle est affiliée l'élevage, U pour la
U.C.T.L, A pour l'Asociación de Ganaderías, E pour l'Agrupacion et L pour les Ganaderos Unidos, F pour les animaux inscrits à l'association française.
Ces divers marquages sont propres à chaque ganadería.

Pour voir le tableau des marquages:Cliquez ici

Le bout de la queue, par souci esthétique, sera raccourci au ras de la dernière vertèbre pour permettre une repousse plus touffue.

Le fer de l'élevage ainsi que le señal et les couleurs de la devise sont la propriété du ganadero qui s'il n'en hérite pas, ou n'achète pas un fer libre de droits, doit entamer toute une procédure avant que son nouvel élevage ne soit homologué.

Tout ceci sera répertorié sur les très officiels registres de l'éleveur ainsi que sur le "Libro Génealógico de la Raza Bovina de Lidia", en présence des autorités locales.
Seront mentionnés ,le nom de l'animal, sa date de naissance, son sexe, la couleur de sa robe, ses particularités, son ascendance. Ces jeunes mâles et femelles seront ensuite relâchés ensemble. 

Le nom du taureau n'est pas donné par hasard et suit des règles précises. Le ganadero nommera par exemple Señor le fils de la vache Señora et le second pourra se nommer Señorito C'est généralement le nom de la mère au masculin avec une variante.
Pour les vaches on les baptise souvent après le tentadero en fonction de caractéristiques propres ou du lignage de celles-ci.

A l'âge d'environ quatorze mois ces becerros et becerras seront séparés, les femelles pouvant être mère dès un an et demi.
 

 

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Les éleveurs de taureaux de combat sont généralement affiliés à:

La Union de Criadores de Toros de Lidia, l'organisme le plus ancien fondé le 15 avril 1905 dans le but de faire contre-poids au toréros - les temps ont bien changés - de défendre les intérêts des ganaderos et de maintenir pures les castes de taureaux de lidia. Ce syndicat regroupe prés de trois cent soixante deux élevages en Espagne au Portugal et en France.
La seule Uníon founit plus de quatre vingt dix pour cent des spectacles majeurs. et comptabilise un peu plus de 35.5% des élevages.
Un seul élevage français est membre aspirant ce cette élite des ganaderos.

l'Asociacíon de Ganaderías de Lidia. Cette association de quatre cent huit membres fondée en 1951 regroupe une grande partie des éleveurs ne souhaitant pas être admis à la Unión et également aux nouveaux ganaderos ayant acheté du bétail de la dite Unión, mais ne pouvant en faire partie.
Quand un ganadero n'appartenant pas à la U.C.T.L. veut rejoindre cette élite il doit le faire sur une base de bétail provenant de l'U.C.T.L et ensuite faire ses preuves dans différentes novilladas et une corrida de taureaux sans que aucune bête n'ai été sanctionnée des banderilles noires.
Avec toutes ces contraintes l'U.C.T.L détenait jusqu'à nos jours un quasi monopole sur la fiesta brava, incompatible aux règles de libre concurrence de la communauté européenne. Actuellement tout ganadero, peut faire lidier dans n'importe quel type de spectacle ses animaux braves à condition que ceux-ci soit inscrits au Registre Généalogique de la Race Bovine de Lidia.
Adolfo Martín est des membre les plus connus de cette association et deux élevages français en sont membres.
36.6% des ganaderías.

l'Agrupacíon Española de Reses Bravas: crée en 1983 et forte de cent quatre vingt huit élevages, 16.80% des élevages, le plus prestigieux étant celui de Joaquín Nuñez del Cuvillo, ou enfin aux:

Ganaderos de Lidia Unidos: comptant cent cinquante sept membres, 14 % des ganaderías, elle a été fondée en 1979.

Toutes ces organisations professionnelles ont bien évidement pour but de défendre les intérêts économiques de leurs membres, mais surtout de préserver la pureté des diverses races de taureaux de lidia ainsi que de maintenir les divers écosystèmes nécessaires à ce type d'élevage.

(Données 2007)

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