"Le taureau
domestique est au taureau de combat ce que le loup est au chien"
E.
Hemingway.
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Il peut être intéressant, pour un aficionado a los toros, de connaître l'origine et les divers croisements qui ont permis au fils des temps d'obtenir ces magnifiques animaux que nous adulons aujourd'hui et qui sont à la base de la fiesta brava. |
| Le taureau est présent dans pratiquement
toutes les mythologies, c'est dire si son image est ancrée
dans notre inconscient collectif. Le "bos taurus primigenius"
le taureau sauvage originel est vraisemblablement apparu
il y a cinq cents mille ans sur le sous-continent indien.
C'est l'ancêtre unique de tous les bovidés actuels.
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Le bos taurus primigenius
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De nombreuses représentations
figuratives ornent de multiples abris naturels tant dans
le sud de la France que dans la Péninsule Ibérique. Ces
animaux peints par les contemporains de l'homme de
Cro-Magnon et ceux qui leur ont succédé, mesuraient, d'après les fossiles retrouvés,
près de deux mètres au garrot. Les divers changements climatiques, puis la domestication ont par la suite diminué sa taille de façon très notable. |
Le taureau primitif européen est dénommé,
uro, urus par Jules César dans son "Commentaire de la
guerre des Gaules".
C'est l'aurochs pour les Celtes, deux
versions sur l'étymologie de ce nom. Une Celte "Aur"
sauvage et "Och" taureau et une germano-latine
"Ocks" boeuf et "Ave" du latin
prairie donc le boeuf des prairies.
Rappelons que le terme boeuf désigne les bovidés dans leur ensemble. Le boeuf tel que nous l'entendons ne désigne que le taureau castré (ou la laitière de réforme dans votre supermarché!)
Cet animal antique a perduré jusqu'au début du XVIIème siècle. Le dernier spécimen, une vache, fut abattue en 1627 dans les forêts profondes de Pologne, dans la région de Jaktorowska au sud-ouest de Varsovie.
Pendant l'entre deux guerres les naturalistes allemands les frères Heinz et Lutz Heck ont tenté de recréer l'auroch original en sélectionnant des races bovines rustiques, comme les taureaux Camargue, Corse, des taureaux de lidia de type espagnol, ainsi que des bovins anglais. Ces aurochs synthétisés sont encore aujourd'hui visibles dans certains parcs zoologiques.
L'habitat premier du taureau a toujours été localisé dans de grandes vallées fluviales et leurs marais, vallées de l'Ebre, du Tage, du Guadalquivir, du Pô, en Camargue, dans le delta du Nil où ces riches terres alluvionnaires et l'abondance d'eau ainsi qu'un certain isolement leur permirent un développement harmonieux.
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Le tronc Ibérique
Depuis toujours des hardes de taureaux, intoduites dans
la péninsule Ibérique par les Pyrénnées et issues de la race d'aurochs initiale,
erraient à l'état sauvage.
Diverses migrations ont fait suivre des animaux du continent africain, très
certainement originaires de la vallée du Nil, les Bos Taurus Africanus,
qui se sont établis dans le sud de la péninsule et plus particulièrement dans
l'actuelle Andalousie.
Ceux-ci en se croisant avec les bêtes déjà présentes sur le territoire ont donc
favorisé la création du Bos Taurus Ibericus qui a rapidement conquis
les principales grandes plaines du pays.
L'essor des spectacles tauromachiques du
début du XVIIIème siècle a entraîné les premières
recherches zootechniques ainsi que la création des races
fondatrices par quelques éleveurs romantiques.
Elles ont donné naissance par la suite à ce magnifique animal
que nous admirons et respectons (pas
tous) aujourd'hui.
La première reseña d'un spectacle taurin date de 815, celui ci se déroula dans le royaume de Léon. Une citation relative à un élevage brave apparait au XVème siècle. Plus tard sous le règne de Felipe III on trouve trace dès 1606 de la ganadería de le Real Vacada à Aranjuez. En 1618 Juan Sánchez Jijón et en 1638 Gaspar Valdés formeront la leur.
Les premières notes officielles relatives au taureau de lidia datent de 1768, elles sont dues au Conde de Aranda, premier ministre du roi Carlos III qui ordonna un recensement du bétail brave à toutes les autorités du royaume Hispanique.
Bien plus tard en 1905 fut créée la Union de Criadores de Reses Bravas qui deviendra par la suite la Union de Criadores de Toros de Lidia dont le but est de défendre les intérêts des éleveurs et de maintenir pures et intégres les castes de bétail brave. D'autres associations d'éleveurs verront par la suite le jour.
Au cours des XVIIème, XVIIIème siècle et bien sûr avant,
lors des jeux du cirque, on fit combattre des taureaux contre divers animaux
sauvages, tigres, lions, ours, loups, éléphants, etc... et le taureau a régulièrement
vaincu, chargeant toujours de face, franchement et sans détour.
Le dernier combat taureau contre fauve s'est
déroulé à Saint Sébastien en
1904.
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Jusqu'aux prémices d'une
tauromachie stucturée, les troupeaux de cornus se
reproduisaient naturellement et l'élevage était
simplement surveillé. Les gens d'épée organisaient des chasses à courre aux taureaux, ce qui servait aux cavaliers d'entraînement à la guerre, cette pratique aurait été copiée sur les guerriers Maures. Ont-ils été les premiers toréros? Mais il n'existait pas encore de véritable intention de sélection, on essayait de choisir les animaux les plus agressifs, les plus rétifs à la domestication et les plus sauvages.. La tauromachie d'alors était réservée à la noblesse et ne s'effectuait qu'à cheval à l'occasion de grandes fêtes, religieuses ou aristocratiques. |
L'animal féroce et irritable des origines a fait place au taureau brave et noble que nous connaissons aujourd'hui grâce à un travail de sélection et de croisements de différents types de bêtes présents dans la Péninsule.
Attention en français le mot brave n'a pas du tout la même acception
qu'en espagnol.
Bravo veut dire sauvage dans la langue de Don Quichotte tandis que
en français vous en connaissez la double signification...
| Comme il existe dans sur notre bonne vielle terre
de France de nombreuses variétés de bovins, Bretonne, Charolaise, Salers,
Blonde d'Aquitaine... que l'on a sélectionné au fil du temps pour leur rusticité,
leur potentialité de production de viande ou de lait et même leur absence de cornes, les éleveurs espagnols
de taureaux de lidía ont spécialisé leur cheptel à des fins moins paisibles
en conservant le caractère peu commode de ces animaux.
Donc le taureau actuel est
l'aboutissement et le résultat d'un métissage de nombreuses variétés,
castes, lignées d'animaux à l'origine sauvages de
races espagnole. |
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Issues de ces croisements originaux, trois
variétés de "bos taurus Ibéricus" aux caractéristiques
morphologiques un peu différentes, se
partageaient trois régions d'Espagne.
Elles ont permis la naissance du taureau contemporain.
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la Navarre
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la Castille
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l'Andalousie
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