La caste vistahermosa

Titre: La caste Vistahermosa

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Ce sang omniprésent actuellement dans plus de 95% des bêtes braves, a servi de noyau fondateur à toutes les ganaderías actuelles tant en Espagne, au Portugal, en France qu'en Amérique de Sud.
Les taureaux de la caste Vistahermosa, ont pris le pas sur les autres encastes grâce de leur bon jeu à la muleta, élément prépondérant du toréo moderne.

 

Les frères Rivas de Dos Hermanas près de Séville fondent en 1733 un élevage, avec des bêtes d'origines variées provenant de diverses congrégations religieuses de la province. Ce troupeau sera acheté en 1772 par Don Pedro Luis de Ulloa y Calis, Conde de Vistahermosa qu'il mènera paître sur ses terres de Utrera. Il y meurt le 23 mai 1776.

Son fils Benito Ulloa y Halcón de Cala, deuxième comte du nom, affinera la sélection et homogénéisera le troupeau a partir de 1776. Il soumis sa production à Madrid le 3 août 1790. A son décès en 1800 étant sans descendance son frère Pedro Luis lui succède à la tête du troupeau, doña Luisa sa soeur prendra la main en 1821.

L'apport fondamental et primordial Vistahermosa a été de maintenir la bravoure de ses cornus tout au long de la lidia, et non plus uniquement lors du tercio de pique, et de pouvoir désormais assister à un travail à la muleta beaucoup plus vibrant et intéressant.

En 1822 la susmentionnée Luisa, quatrième comtesse du nom, sans descendance comme son frère, vendra cet élevage exceptionnel et de grand renom en cinq parties à:

........  1. Fernando Freire, déjà propriétaire d'un troupeau de sang vazqueño.
Sa veuve en vendra une partie à Anastasio Martín et le reste à Justo Hernández qui possédait des reproducteurs de caste Jijona.

2. Joaquín Giráldez qui possédait lui une ganadería de caste Cabrera. Elle fut croisée avec du Vásquez pour aboutir à la création du rameau mineur Hidalgo- Barquero. 

3.Antonio Melgarejo Anastasio Martín en deviendra propriétaire en 1844. 

4.Juan Domínguez Ortiz le "Barbero de Utrera" qui prendra en 1823, le lot le plus important et dont héritera son gendre José Arias de Saavedra. Elle engendrera en ligne directe le sang Urcola et dérivés. 

5. Salvador Varea Moreno dont le troupeau aprés être passé par les mains de Picavea de Lesaqua, de là le nom de lesaqueños qui leur restera, sera plus tard en partie acheté par Dolorés Monge veuve de Murube. De cette importante dérivation descendent les Saltillo, Murube, Santa Coloma et Parladé.

 

 

Des trois premières branches il ne reste plus guère de traces tangibles, hormis celle mineure de Giraldez, les deux dernières, les plus prolifiques, ont permis d'obtenir les ramifications:

 

Urcola  Saltillo  Murube  Santa Coloma  Parladé 

 

.....  Urcola: Fondée par le banquier bilbaïno Félix Urcola en 1902 par l'achat de la moitié de l'élevage de José Antonio Adalid, d'origine directe Barbero de Utrera.
Il est acquis en 1918 par Francisco Molina qui rafraîchira l'élevage grâce à un reproducteur du Conde de la Corte et un autre de la marquesa de Tamarron. Ce sera lui qui fixera réellement le type de cet encaste. Aprés avoir été deux ans la propriété de l'impressario taurin Eduardo Pagés cette ganadería est vendue en 1930 à José Maria Galache qui la mènera en haut de l'escalafon ganadero et par la suite ses fils la maintiendrontà ce niveau.
Ce sang est présent de nos jours chez les familles alliées Galache et Cobaleda, les héritiers de Alonso Moreno de la Cova et minoritairement chez Celestino Cuadri.
Caractéristiquement aleonados et de ligne ensellée ils présentent une prédominance de pelage noir. L'encornure est bien développée le cou assez court et le morillo très proéminent.

Saltillo: Don Antonio Rueda y Quintanillia, Marqués de Saltillo, achète en 1854 la plus grande partie, 800 têtes, du troupeau brave de José Picavea de Lesaca, les fameux lesaqueños, d'origine directe Vistahermosa par Salvador Varea.
Sa veuve en héritera 1880 ainsi que ultérieurement son fils, Rafael Rueda Osborne. En 1912 ce deuxième Marqués de ce nom vendra une part importante du troupeau au Conde de Santa Coloma, lui même en cédant un lot à son frère le Marqués de Albaserrada. Félix Moreno Andanuy achète en 1918, la ganadería dont héritera l'actuel propriétaire Félix Moreno de la Cova. Il utilise depuis 1978 le nom Saltillo pour son troupeau tout en conservant le fer, la devise et l'ancienneté, le 14 juillet 1845. 

De la ganadería du Marqués sont issus de nombreux élevages Mexicains ( San Mateo, Piedra Negras) et Colombiens (Mondeño), ce sang bouillonne en Espagne via le Santa Coloma, chez Moreno de la Cova et chez Victorino Martín. 

Ces animaux sont fins et de taille moyenne, caractérisés par une robe cardena, d'une forme de tête qualifiée de" museau de rat". Ardents, encastés, n'humiliant pas beaucoup, ils sont souvent veletos et astifinos de cornes et de moral peu commode.

Murube: Du nom de Dolores Monge veuve de José Murube. En 1851 elle fondera son élevage en lignée directe Vistahermosa par Salvador Varea. En 1917Juan Manuel Urquijo s'en rend acquéreur et l'annonce au nom de son épouse doña Carmen de Federico, ce fut l'un des élevage préférés des vedettes de l'époque comme Joselito. Le torero Antonio Ordóñez en est propriétaire en 1980 et en 1984 José Murube rachète le fer, la devise et le troupeau ayant appartenu à sa famille.

Ces taureaux sont de type massif, larges, le museau camus, d'encornure moyenne et au pelage presque toujours noir.
On retrouve les Murube-Urquijo chez Fermin Bohorquez, Luis Albarran.

De cette branche majeure partent ces lignées secondaires.

   
...........  Le rameau Contreras. Juan Contreras Murillo à en 1907 formé un élevage à la bravoure importante et au trapío plus réduit en se rendant propriétaire d'une partie du troupeau de Dolores Monge veuve de Joaquín Murube. Il mena si bien son oeuvre que ses taureaux furent parmi les préférés des toréros de l'époque. 
Baltasar Iban a formé sa camada avec des bêtes de sang Contreras et avec un apport Juan Pedro Domecq par "Los Guateles".
On trouve également ce sang chez Campos Peña et chez les frères Peralta.
 

La ramification Ibarra, de loin la plus importante. 
En 1884 Eduardo Ibarra achètera à Doña Dolores la moitié de son élevage et du fait de son travail d'éleveur transformera avec panache pendant deux décennies les "murubes" d'origine en "ibarras".

 

.............................   la lignée Villamarta.
Cette branche a été formée par Alvaro Dávila y Agreda, Marqués de Villamarta en 1914 avec la ganadería de José Carvajal de pure origine Ibarra, de vaches de Murube, de Urcola, de Santa Coloma ainsi que deux sementales du Conde de la Corte.
Les Villamarta sont des taureaux, noirs, largos, aux cornes effilées et au tempérament assez fougueux. 
Ce sang est présent actuellement chez la famille Guardiola.
  et surtout après la vente en 1904 par le señor Ibarra de son magnifique troupeau en la création de ces deux lignées Santa Coloma et
  Parladé.

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Santa Coloma

Don Enrique de Queralt Fernández Maquieira, comte de Santa Coloma, prestigieux et intelligent éleveur de bétail brave, a formé son élevage entre 1905 et 1908 en croisant deux des principales branches Vistahermosa. Celle de Saltillo, origine Salvador Varea, et celle d'Ibarra, origine Barbero de Utrera, afin d'obtenir des produits ayant la bravoure reconnue des Saltillo et la qualité de charge des Ibarra.

Pendant près de trois décennies les taureaux du Comte ont été parmi les plus appréciés tant par les aficionados que par les toréros.
Ce qui n'est malheureusement pas le cas des hommes à coleta contemporains.

Ces animaux ont conservé jusqu'à nos jours la légendaire bravoure et la pureté de la caste que le comte à fixé sur ses terres de "La Isla del Guadalquivir", celles la même ou furent élevés les saltillos et les ibarras depuis la fin du XIXème siècle et qui est un des berceaux du ganado brave moderne. 


 

En 1932, en grand déclin physique et financier, le Comte de Santa Coloma vend son élevage, lui aussi en mauvaise posture, à deux associés sévillans Joaquín Buendía Peña et Felipe Bartolomé, qui après un long processus de plus d'une décennie de reprise en main et de sélection "humaniseront" l'aspect général des bêtes qui avait dégénéré, tout en maintenant leur bravoure et caste initiale.

Les taureaux de Santa Coloma sont le plus souvent de morphologie assez moyenne, avec des cornes relativement peu importantes, un pelage caractéristique cárdeno dans toute la gamme ou entrepelado pour la lignée asaltillada ainsi que negro pour les ibarreños.
D'une extraordinaire bravoure et caste, ils chargent jusqu'au dernier souffle et meurent pratiquement debout.

 

Cardeno du Conde

 

 

Dériveront du Santa Coloma ces remarquables lignées secondaires:

 

...............  Joaquín Buendía Peña,

Dont la ganadería achetée au comte qui servira de base à de nombreux troupeaux, comme ceux de "La Quinta", de Hernández Plá, de Martinez Elissondo, ou Bartolomé Sanz.
Les cornus issus de cette lignée sont très marqués Saltillo et donc de pelage cardeno dans toute ses variantes.

Gracilliano Pérez-Tabernero :

A l'origine crée par Don Fernando Pérez-Tabernero en 1884 à Villar de los Alamos, province de Salamanque, avec un mâle de Antonio Miura et vingt cinq vaches du duc de Veragua.
 A son décès en 1911 la ganadería des "Miuras de Salamanque" revient à ses fils Gracilliano, Argimiro et Alipio. 

En éleveur avisé don Gracilliano Pérez-Tabernero achète en 1920 au comte de Santa Coloma, cent quarante vaches et deux reproducteurs, Cristalino et Mesonero, de lignée Ibarra et se défera des produits issus de l'élevage d'origine. 
Cette ganadería deviendra une des plus fameuse de l'histoire de part le nombre de taureaux de bandera qu'elle a engendré. 

On retrouve actuellement ces gênes dans les élevages de José Escobar, dont la ganadería est sise dans la Isla Menor del Guadalquivir, chez Juan Luis Fraile, dans quelques élevages de la famille Pérez-Tabernero et un peu dans la ganadería de Palomo Linares qui en détient le fer, la devise et l'ancienneté 17 février 1895, de don Gracilliano. 

Coquilla:

Cette lignée fut crée en 1916 par le ganadero de Salamanque Francisco Sánchez de Coquilla connu sous l'appelation de Paco Coquilla, avec de bêtes Santa Coloma et Albaserrada. Elle connut un formidable succès dans les années vingt et trente.
Plus typée Ibarra que Saltillo, bien enmorillados, assez courts et d'armure plutôt réduite on les retrouve chez Sánchez-Fabrés et Sánchez-Arjona.

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  Marqués de Albaserrada

Que l'on retrouve aujourd'hui chez le fabuleux Victorino Martín, Adolfo Martín et Escolar Gil.
Le Marqués de Albaserrada était le frère du Conde de Santa Coloma. Il repris à son décès du bétail d'origine Saltillo.
Le type est également asaltillado.

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  Vega Villar

Ce magnifique rameau a été fondé en croisant deux encastes remarquables: le Veragua et le Santa Coloma. 

En 1910 José Véga, ganadero madrilène éclairé, fait couvrir quarante vaches de pure origine vasqueña de Cristóbal Colón y de la Cerda, duc de Veragua par trois sementales, "Fuentecillo", "Cuchareto", "Toronjito", achetés au Comte de Santa Coloma, sur les terres qu'il possède à San Lorenzo del Escorial (Madrid). 
Sans avoir apparemment attendu quelque résultat il vend en 1914 aux frères Villar, Francisco et Vitorio, qui ferons prospérer dans la région de Zamora (Léon) la camada, renforcée par deux autres reproducteurs de Santa Coloma "Chamusquino" et "Gitano". Cette ganadería portera désormais leur nom ainsi que celui du fondateur, Don Vega. 

Les frères Villar se sépareront en 1922.

Les deux cents cinquante bêtes du troupeau revenant à Francisco sont acquise en août 1928 par le ganadero charro Arturo Sánchez-Cobaleda qui les transhumera de la région de Zamora à son emplacement actuel.
Cet élevage sera ultérieurement distribué à ses enfants Pilar, María, Jésus, Manuel et Ignacio.

Victorio lui vend en 1923 la totalité du troupeau ainsi que le fer original de Vega à José Luis Encinas Fernández del Campo, de Ledesma (Salamanque) qui après une première vente de vaches à Juan Cobaleda en 1931 vendra le reste du troupeau en 1932 à Luisa Plá, veuve de Esteban Hernández.
Cet élevage fut anéanti pendant la Guerre Civile.

José Luis Encinas s'était réservé de la vente un noyau choisi de cinquante vaches et deux reproducteurs et poursuivi seul l'aventure ganadera avant de vendre à la famille Galache en 1939.
Il imprimera à ce rameau une marque accentuée de douceur, ce qui différenciera clairement les deux parties originelles de José Véga. 

Cette lignée de typiques taureaux n'est pratiquement élevée que par les familles Cobaleda et Galache sous les fers de Barcial, Sánchez-Cobaleda, Francisco Galache de Hernandinos.

Caractérisés par une robe très souvent burraca ou berrenda, les fameux patas blancas, portent une armure de belle taille, souvent veletos et astifinos, sur un corps relativement court et bas au morillo important.
Souvent impressionnants au tercio de pique il se révèlent plus âpres devant l'étoffe.
Après avoir été une ganadería puntera dans les années 40 à 60, victimes de le désaffection des figuras, on ne les cours plus actuellement qu'en novilladas -où ils font sensation- et en spectacles de rejon.

 

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Parladé

L'autre moitié de la ganadería matricielle de Dª Dolores Monge fut donc acquise à Eduardo Ibarra par Fernando Parladé en 1904. On désigne souvent les bêtes issues de ce tronc sous le nom de parladés alors que Fernando Parladé ne s'est que très peu impliqué dans le travail de sélection.

Elle a dans le temps évolué en ces principales ramifications:

 

  Tamarón - Conde de la Corte:

Agustín Mendoza Montero, pour la petite histoire, Conde de la Corte, a en 1920 acheté le troupeau brave de la señora Marquesa Viuda de Tamarón de pure origine Parladé (pas la Marquise le troupeau).
Cet important rameau très,(trop), représentatif des taureaux actuels a servi de base à la constitution des très importantes dérivations
Juan Pedro Domecq et Atanasio Fernández
Ce sang majoritaire actuellement a servi et sert encore à la formation d'innombrables ganaderías et ceci grâce à sa grande noblesse.
Fins d'extrémités, de taille moyenne, le tiers postérieur est peu développé, les individus sont dits aleonados. Le port de cornes est imposant, souvent cornalones ou veletos. Le pelage est negro ou castaño.


................. Gamero Cívico:

Luis Gamero Cívico prend en 1914 possession d'une part importante de l'ancien troupeau, avec fer et devise, de Fernando Parladé.
Celui-ci se divisera par la suite en une branche Lamamié de Clairac en1925
Samuel Flores en 1926 puis Guardiola Soto.
Les représentants de ce rameau sont de taille moyenne, bajos de agujas, larges et profond de corps et au fanon important, badanudos. La tête présente une encornure grosse à la base, très développée avec de fréquentes asymétries.


  Rincón -Carlos Núñez:

Est est à la base des renommés élevages de Gabriel Rojas, Cebada Gago (avec du Torrestrella), Manolo González, María del Carmen Camacho, Alcurrucén , de la ganadería française de Simon Casas, "La Occitania"....
Ces élevages, de sang Núñez font actuellement parti des préférés des figuras du toréo.
En 1905 Manuel Rincón forme son troupeau qui en 1938 sera repris par Carlos Núñez Manso (?), il l'étoffera en 1941 avec des cornus d'origine Ramón Mora Figueroa auquel il adjoindra la même année des gènes Villamarta provenant du Marqués de Villabrágima.
Ces taureaux sont terciados et bajos de agujas.


  Garcia Pedrajas:

Antonio García Pedrajas se rend acquéreur en 1918 du troupeau de Francisco Correa de provenance directe Fernando Parladé.
Aujourd'hui ce sang perdure dans les veines des Guardiolas et María Luisa Perez de Vargas, qui en possède le fer, des Isaías et Tulio Vasquez et en moindre proportion dans la ganadería du fin toréro José Ortega Cano "Yerbabuena".
De type bajo de agujas et aleonado avec un pelage à prédominance noire.

 

 

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Tableaux simplifiés des principales origines des ganaderías braves

 

Pour voir ces tableaux plus grand cliquez dessus

 

Généalogie Vistahermosa
Généalogie Parladé
Généalogie Santa Coloma

 

 

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Le Portugal et la France sont également terres d'élevage de taureaux braves.

 

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